
lundi 23 juin 2008
Albert Cossery : naissance

mardi 3 juin 2008
Alias Black Market (1)


" Compter, mesurer, mesurer, compter, marcher, compter, parler, agir, regarder, voler... sur un tapis, mesurer, regarder, le spectateur, parler. "
« Le travail d'Esther Ferrer peut être considéré comme un minimalisme très particulier qui intègre la rigueur, l'humour, le détournement et l'absurde. » (Sylvie Ferrée) ; ajouter à cela un fond d'humour et de radicalité.
Esther Ferrer est surtout connue pour ses performances. C'est une artiste espagnole active depuis les années 60, notamment dans le groupe ZAJ, cousin espagnol de Fluxus.
Allias Black Market, à l'occasion de sa conférence-naissance, souhaite lui rendre hommage. Ses performances, pour leur mode d'action et les questionnement qu'elles soulèvent sont des références fondamentales.
Dans toutes ses propositions plastiques, dispositifs ouverts et actifs, le temps, l'espace et la présence (la sienne et celle des autres), sont des éléments qu'elle structure, manipule et interroge.
Economie et réduction des moyens, elle joue avec un minimalisme et une rigeur de l'absurde qui lui sont propres. Système métriques, répétition, mouvements simples : le protocole de l'action est visible dans chacune de ses performances, pour permettre au présent d'émerger.
Mesure du temps qui passe, exploration du lieu parcouru, liens entre les présents, actions devant, autour, avec. Le spectateur est invité à regarder, vivre, expérimenter la proposition qui est en train de se faire, comme un écho à ses propres expériences.
L'action est un levier :
« C'est à partir du quotidien que l'on va vers un autre lieu » Esther Ferrer
Le chemin se fait en marchant. (video you tube)
Elle tient dans sa main un rouleau de scotch blanc, qu'elle déroule au fil de son parcours et qu'elle fixe au sol à l'aide de ses pieds, en marchant dessus. Elle trace une ligne, mise en relief de l'espace pratiqué, matérialisation du chemin parcouru, comme son propre fil d'Ariane. L'action est mobile, c'est jeu de réactions, une pratique éphèmère, quelquechose en cours de fabrication. La poésie s'affirme dans le minimalisme.
- Description de la performance : assise à regarder le specateur :
Renversement des positions, qui regarde, qui agit ?
Assise sur une chaise immobile, à regarder le public sans un mot ; « être le spectateur de l'autre ». L'action n'est pas spectaculaire ; Il n'y a aucune satisfaction à en tirer.
Tapis volant.
L'humour et l'absurde.
Elle est assise sur une chaise, elle même posée sur un tapis d'orient et elle agite ses bras comme les ailes d'un oiseau.
Jeu de mots, jeu de conte, l'imagination au pouvoir pour le décollage des possibles.
Une volonté, une radicalité efficace sans être extrêmiste, avec une approche toujours ludique, la performance semble être chez Esther Ferrer à la fois l'engagement d'une vie et un plaisir toujours renouvelé.
Une citation d'Esther Ferrer à propos de la performance dans un entretien avec Sylvette Babin :
« Il y aura toujours un adulte ou un enfant qui voudra représenter le monde. C'est comme respirer ou manger. On ne perdra jamais le désir et je crois que la performance est une question de désir. L'essentiel est que si vous voulez faire de la performance, faites-le, point à la ligne »
lundi 17 mars 2008
Nioques#3

Une nouvelle de moi, La vie des insectes, dans la revue Nioques, du poète Jean-Marie Gleize.
Au sommaire, une traduction de Gertrude Stein par Martin Richet, Isabelle Giovacchini, Bernard Noël, Gwenaëlle Stubbe, Jérémie Gindre, Alexandra Bougé, David Lespiau, Cyrille Martinez, Anne-James Chaton et Franck Leibovici.
NDLR. Parler un jour de Franck Fontaine, celui qui s'occupait de Nioques auparavant. Beaucoup de choses intéressantes chez Fontaine. Téméraire, plutôt, mais là, au moins, il y a quelque chose de nouveau.
mardi 4 mars 2008

« Notre corps est lié à un monde que nous ignorons parce que nous ne possédons même pas les rudiments de son vocabulaire. Ce monde est purement physique, et il coïncide avec le fonctionnement non seulement du corps, mais à travers lui de l’espèce et du langage»
Bernard Noël, La langue du corps
L’HOMME APPROXIMATIF
est heureux de vous inviter
à une séance de lecture,
le samedi 8 mars à 19 h 30
à l’école de danse de Madame Pelletier,
8, rue Chaumière, à Talant.
François Dominique y sera L’Homme-des-sorts de René Ghil.
Éjections et crachats de Dépolluer l’infini par Paul Lapaiche.
L’Homme approximatif est une séance de lecture qui
vous sera proposée tous les XXX mois pendant XXX ans.
Entrée gratuite.
Photographie : copyright Bernard Plossu et François Dominique.
Organisation : François Dominique et Bruno Lemoine
Video : Max Riondet
mardi 19 février 2008
Romulphe

Romulphe comme roman, mulle ou muffle, labiales et sifflantes.
samedi 16 février 2008
Enoch - Roman historique
I
Dans un riche appartement d'Antibes au mois d'août - moulures au plafond et tentures aux murs -, un vieil homme du nom de Grenant tomba inexplicablement. Il lui arrivait fréquemment de le faire, il lui arrivait fréquemment de perdre l'équilibre sans raison. Sa chute était prévue d'avance, inévitable et programmée, et qui l'aurait vue à cet instant n'aurait rien fait pour l'empêcher, tant la chose paraissait blette, la chair décrépite, un fruit de moine pénitent ou de jeunesse appliquée aux morsures d'estomac, adonnée à la junkfood, ou le pain rassis dans l'eau tiède, la Manne des toilettes publiques. Un goût répugnant dont un réflexe hygiénique nous épargne l'intention charitable d'un geste prévenant. Par terre, comme un insecte sur le dos, des serres de vautour à la place des mains, plus faibles que les pattes de l'aronde, un scarabée d'or, un crabe sur le dos cherchant un point d'appui pour se reprendre, et Grenant, épuisé, s'asseyant contre le premier socle qu'il trouva.
" Je vais rester ainsi sans bouger, c'est mieux, le sang ne coule pas. Quand il coule, il me dérange. C'est chaud comme un sanglot d'enfant, le sang, cela déconcentre de ce qu'on pense. - Une histoire, voyons, cette histoire-là, l'histoire du petit bureaucrate appliqué.
" - Nie wieder !
" Il avait anticipé son coup, celui-là. Il avait pressenti la guerre, l'avait humée dans l'air des journaux, sous le faux jour terne de son petit bureau. C'était un être consciencieux, petit, modeste et bien noté. Nous voyons tous de qui je veux parler : assis voûté, le dos voûté, sur une brochure qu'il griffonne : le médiocre vertueux. Il avait accepté son sort, il ne se disait pas, Je suis tout autre, il convenait tacitement des avantages et des inconvénients de sa position, en estimait parfois les contours après une journée de labeur scripturaire, calculant ce qu'il pouvait ou ne pouvait pas espérer, selon une échelle de probabilité qui lui était propre, un ensemble d'hypothèses et de déductions qui finissaient par se perdre, ainsi que le lait sur le feu, en auréoles et en croûtes blanches par-dessus sa tête, devant le tableau des consignes du jour et les algorithmes de ses maîtres. - Ou de côté, près de la fenêtre où siègera bientôt un macintosh, aussi austère qu'un portrait d'Erasme.
- Petit bureaucrate ?"
(Bruits de la langue sur le palais)
" Petit-petit-petit-petit-petit...
"Sa chambre était un meublé dépoussiéré chaque jour par une dame, une vieille campagnarde que l'air de la ville n'avait pas entamée. On entrait chez lui par une cuisine aux allures d'arrière-boutique, où il travaillait le soir à son grand projet, souvent jusqu'à très tard dans la nuit. La vieille dame regardait, quelque temps après le couvre-feux, la lumière éclairant sa fenêtre, puis retournait dans son vestibule en émettant un soupir. Il avait fait pour lui-même les observations suivantes, après analyse des diverses situations politiques en Europe : Nul n'avait encore inventé une menace capable d'empêcher les hommes de se battre. L'un des deux pays serait vainqueur, l'un des deux pays serait vaincu. Les hommes repartiraient chez eux après la guerre, en déplorant tout le mal qu'on leur avait fait commettre. Il fallait donc qu'un texte exprimât dès maintenant leur volonté d'en finir :
- Nie wieder !
" L'Occupation coupait la France en deux, le petit politicien travaillait toujours tard le soir, sa lumière éclairait encore quand la vieille dame s'inquiétait :
- Nie wieder, petit-petit-petit-petit-petiiiit...
" Il fallait, pensait-il, prendre à l'envers l'équation poétique obtenue par Edgar Poe dans Le corbeau, mais comment ? Les jours passaient, des jours et des lunes. Des soldats s'inquiétèrent qu'une lumière élairât après le couvre-feux. La Gestapo sonna chez lui un matin et trouva ses réflexions jetées sur des feuillets. Un officier allemand s'assit pour les lire et dit au bureaucrate qu'il aimait la littérature fantastique, que cela manquait à leur époque, un écrivain capable de faire rêver, puis il voulut discuter. Le petit bureaucrate s'emballait, s'emballait, et l'officier de rire et de lui proposer d'écrire un article ou deux pour un journal. Le petit bureaucrate accepta."
mercredi 6 février 2008
nos visages-flash ultimes






